Relativement considérée comme l’exercice d’un pouvoir souverain dans le domaine des affaires de l’État, la politiqu a pour nature et pour objet de faire participer l’individu à la vie sociale par la connaissance, afin de lui permettre d’y participer de manière plus lucide et plus consciente par l’action. De cette action découle la touche particulière que l’homme peut apporter à sa cité, à la marche de celle-ci et même au développement économique, social et culturel de son pays. Au Sénégal, nous avons des hommes politiques qui se sont, pendant des années donné à fond pour venir à bout de leurs préoccupations qui étaient de participer, selon leur qualification et leur capacité intellectuelle, à la gestion de l’État. Certains qui nous ont malheureusement quittés, laisseront une « empreinte indélébile » à la nation, qui se souviendra toujours de ses dignes fils.
Jacques Baudin, le socialiste dans l’âme (1939-2018) :
Il était loin d’être un des hommes qui cache ses idées. Étant un grand défenseur des droits de l’homme, le natif de Diourbel a plusieurs fois été dans le gouvernement de l’ancien président du Sénégal Abou Diouf. L’avocat qui est un magistrat de formation avait mis son expertise au profit de son peuple. Plusieurs fois ministre, l’Homme de Baol a été ministre du tourisme et de l’environnement en 1990. Il a été aussi de 1993 à 1998 garde des sceaux, ministre de la justice avant de rejoindre le ministère des affaires étrangères dans le gouvernement de Mamadou Lamine Loum.
Jacques Baudin faisait partie des caciques du parti socialiste. Il a tiré sa révérence dans la nuit du 24 au 26 novembre à son domicile de Dakar, nous révèlent nos sources. Il a été ministre de la Justice et des affaires étrangères. C’est une importante personnalité du parti socialiste arraché à notre à affection. Jacques Baudin a été député, maire de Diourbel, défenseur des droits de l’homme en tant qu’avocat. Il fut ministre de l’environnement, mais aussi du Tourisme. Il était un homme de poigne réservé, discret et doté d’une solide assise intellectuelle
Jacques Baudin, étant Maire à la municipalité de Diourbel, a toujours revendiqué la stabilité et l’épanouissement des populations. « C’est un homme d’une très grande capacité intellectuelle. C’est la population de Diourbel qui a perdu », ainsi se prononçait un de ses camarades qui était à la coordination du parti socialiste à Diourbel.
En matière politique, il faisait partie de ces hommes politiques qui ont marqué aussi bien l’histoire politique de la région de Diourbel que celle du Parti socialiste auquel il aura appartenu en toute loyauté et fidélité.
Amath Dansokho (1937-2019) : de l’attitude révolutionnaire à l’idée réformatrice
Disparu à l’âge de 82 ans, Amath Dansokho est un homme politique qui a fait partie de ceux qui se sont beaucoup investi dans la marche vers l’indépendance. Faisant partie de certains sénégalais qui avaient un esprit révolutionnaire, il rêvait de voir un jour son pays, le Sénégal, « arracher son indépendance », même dans un contexte tendu. En guise d’exemple, il avait même mené une grève en 1957 à Faidherbe, à Saint-Louis en adhérant ainsi au parti africain de l’indépendance(PAI).
Par son attitude incorruptible, Amath Dansokho, est l’une des figures politiques qui sont les plus respectées dans l’espace politique de notre pays, ce qui a même poussé le président actuel, Macky Sall à avancer que : « Nous l’appelons Mandela parce qu’il est, pour nous Sénégalais, à ce niveau-là ». Dès lors pour les libertés fondamentales, l’ancien fondateur du parti de l’indépendance et travail (PIT) n’a aucunement cessé de participer à la lutte pour les libertés des populations. Ancien député et maire de Kédougou, qui s’est opposé régulièrement aux présidents Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade mais qui soutient le Président Macky Sall dans sa politique depuis que ce dernier est arrivé au pouvoir.
Il reste toutefois, une figure qui a marqué son temps de par son engagement patriotique, son esprit révolutionnaire et sa lutte acharnée pour l’indépendance du Sénégal.
Ousmane Tanor Dieng (1947-2019) : La discrétion hors norme !
Ousmane Tanor Dieng était un leader politique remarqué qui a joué un rôle important dans l’histoire politique du pays. Remplaçant Abdou Diouf à la tête du parti socialiste, le natif de Nguéniène s’est fait remarquer de par son expérience et sa discrétion.
Premier secrétaire du PS depuis 1996, ce dernier a dirigé, tenu le parti d’une main de fer jusqu’à sa mort à 72 ans. « On l’entendait rarement prendre ouvertement des positions, il était reconnu comme étant un homme très fidèle en amitié, et efficace dans l’action sans trop faire de bruit qui puisse gêner les autres », ont témoigné certains de ses proches.
Toujours au cœur du pouvoir, Ousmane Tanor Dieng a lancé sa propre carrière au début des années 2000.
Candidat à la présidence en 2007, il termine troisième, obtient 13,5% des suffrages et conteste en vain la réélection d’Abdoulaye Wade dès le premier tour. Il tente à nouveau sa chance en 2012. Nouvel échec pour le Parti socialiste : Ousmane Tanor Dieng, éliminé dès le premier tour, appelle alors à voter Macky Sall. Ce qui lui a valu le poste de président du haut conseil des collectivités territoriales(HCCT), à la tête duquel il a été jusqu’à sa mort.
Ousmane Tanor Dieng était aussi un Homme d’État d’une dimension exceptionnelle, un digne fils de la République dont le parcours constitue un exemple d’abnégation et un modèle d’engagement patriotique.Depuis son alliance avec Macky Sall, leurs relations étaient toujours fluides et animées de la volonté de faire avancer les choses. Devenu président du Haut Conseil pour les collectivités territoriales, Ousmane Tanor Dieng a provoqué des tensions au sein du PS, notamment avec le cas Khalifa Sall en refusant que le parti présente un candidat lors de la dernière présidentielle en février 2019. En réaffirmant donc son soutien à Macky Sall, il s’est toujours fixé dans sa logique de contribuer à la rupture, à la réforme et au développement structurel des différents paradigmes relatifs au développement du pays.
Comme le relate le professeur Serigne Mbaye Thiam : « c’était un homme véridique et sur qui on apprend beaucoup. Quelqu’un qui plaçait les intérêts du Sénégal au-dessus de tout. L’État au-dessus de tout… »
Jacques Diouf (1938-2019) : l’engagement permanent pour éradiquer la faim et la malnutrition
Ne pouvant accepter de voir un enfant qui risque de mourir de la faim, Jacques Diouf qui est plus connu sous « ses habits » de lutte contre la faim, a été à la tête de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture. En effet, c’est en 1994 qu’il a été porté à la tête de cette organisation pour entamer la lutte contre la pauvreté et la malnutrition.
Il a également exercé les fonctions de député, de secrétaire d’État, d’ambassadeur de la République du Sénégal , secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest et secrétaire exécutif du Conseil africain de l’arachide. Il a aussi servi de 1978 à 1983 au secrétariat d’Etat à la recherche scientifique dans le gouvernement d’Abdou Diouf.
Il a ainsi beaucoup fait pour l’État du Sénégal et même l’Afrique. D’ailleurs, il a été entre 1990 et 1991, conseiller spécial de Charles Konan Banny, gouverneur de la banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest. Après avoir quitté la tête de la FAO et laissant Jozé Graziano Da Silva aux commandes, hommage lui est rendu depuis 2011, par la FAO qui décerne tous les deux ans le prix Jacques Diouf à des personnes ou à des institutions nationales ou régionales qui ont apporté une contribution notable à l’amélioration de la sécurité alimentaire mondiale.
La chose à retenir de ces différents parcours d’hommes politiques aujourd’hui disparus est leur dévouement total à leur peuple. Puissent leurs exemples inspirer la nouvelle génération d’aspirants politiques.