Le ministre de l’Intérieur a présenté sa démission à Emmanuel Macron ce lundi soir. Une décision refusée par le chef de l’Etat, explique l’Elysée.
Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a remis sa démission au président de la République ce lundi en fin de journée, mais celui-ci l’a refusée, raconte Le Figaro. Une information confirmée par l’Elysée.
« Face aux attaques dont le ministre fait l’objet depuis qu’il a confirmé qu’il serait candidat, le moment venu, à la mairie de Lyon, le président lui a renouvelé sa confiance et lui a demandé de rester pleinement mobilisé sur sa mission pour la sécurité des Français » a précisé l’Elysée.
Une façon pour Emmanuel Macron d’affirmer sa confiance à son ministre, alors que Gérard Collomb est fragilisé depuis qu’il a annoncé son souhait de quitter ses fonctions d’ici l’été prochain pour briguer la mairie de Lyon.
Craintes de « déstabiliser Beauvau »
Le ministre lui-même raconte au Figaro avoir craint que Beauvau « ne pâtisse » et « ne soit déstabilisé par une sorte de campagne de dénigrement ». Gérard Collomb dit estimer que « c’est se mettre en cohérence avec ses principes que de refuser de faire une campagne municipale aux frais de son ministère ».
A propos de sa future candidature aux municipales de Lyon, il évoque « un choix très personnel ».
L’épisode du « manque d’humilité »
Depuis la fin de l’été, Gérard Collomb avait pourtant multiplié les affronts envers l’exécutif. Interviewé par Jean-Jacques Bourdin début septembre, il avait notamment critiqué le « manque d’humilité » du gouvernement puis il avait regretté l’isolement du chef de l’Etat.
Interrogé par le journal Le Figaro, le patron de Synergie-Officiers Patrice Ribeiro doute de la capacité du ministre à tenir jusqu’à l’été, comme il le prévoit: « le ministre pourra-t-il tenir jusqu’à l’été? ». De son côté, Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Alliance, première force syndicale de la police nationale, considère que « ce qu’a décidé Gérard Collomb est plutôt responsable et honnête », même s’il y voit une difficulté supplémentaire.
« Gérard Collomb s’est créé une obligation de résultat supplémentaire en enfermant son action dans des délais restreints.Il s’est un peu mis la pression tout seul ».
Jeanne Bulant (BFMTV)