Vélingara : 1éme édition du « grand Juju » 104 circoncis réunis
Le « grand Juju » ou la case de l’homme à démarré dimanche dernier à l’école Moulaye Siranding Baldé de la commune de Vélingara .104 circoncis issus des différentes localités du département de vélingara sont réunis pour une durée de 20 jours (du 9 au 30 septembre 2017). Cet événement culturel à l’actif du conseil départemental de Vélingara a pour objectif : de revaloriser le « kankourang », mais également d’inculquer de bonnes habitudes aux enfants.
Selon Ousmane Baldé conseiller départemental par ailleurs membre du comité d’organisation du « grand Juju » l’idée d’organiser cette manifestation culturelle a germé dans l’esprit du président du conseil départemental depuis son arrivée à la tête de l’institution « Le président du conseil départemental de Vélingara El hadj Ibrahima Barry ,dès son accession à la tête du conseil départemental de Vélingara a tenu à mettre en avant la culture, l’éducation et la santé. C’est ainsi qu’il a nommé Madou Ba acteur culturel comme son conseiler spécial. Depuis deux ans nous avons en chantier l’organisation d’un grand Juju pour régler plusieurs problèmes à la fois. » A –t-il dit .Avant de poursuivre « Sur le plan social, il fallait aider les familles les plus démunies à circoncire leurs enfants, en prenant en charge l’ensemble des frais. Dans le domaine de l’éducation, nous avons constaté, que, c’est à l’ouverture des classes que les enfants étaient circoncis et, ils perdaient 1 mois dans le quantum horaire. Nous avons dit qu’il fallait régler cette situation. Sur le plan de la santé, il fallait faire appel à des chirurgiens qualifiés pour gérer la circoncision et le suivi médical des enfants. En organisant ce Juju également, nous participons à la revalorisation du Kankourang qui était dévalué dans le fouladou,.Nous avons fait appel aux membres du « Cosaan Kankourang » les gardiens des valeurs traditionnelles de Saré Pathé Bouya et toutes les communautés mandingues du département. D’ailleurs ils sont les principaux animateurs du Juju. »
Le « Juju » un lieu d’éducation et de formation des bonnes habitudes
Face à la crise des valeurs qui secoue le monde entier , le « Juju » demeure une réponse adéquate pour renverser la tendance selon Madou Ba acteur culturel et conseiller spécial du président du conseil départemental « Nous sommes entrain de traverser des crises de valeurs ; pour cela il faut agir dans la tête des gens. il faut amener les gens à avoir de bonnes habitudes,. Il faut que chacun apprenne à respecter son prochain, à plus forte raison son ainé. Ceux qui ont partagé le même Juju gardent des souvenirs très solide, ils seront toujours solidaires, tolérants » A –t-il expliqué .Et de poursuivre « C’est l’occasion aussi de revenir sur « les passines » ou les signes conventionnelles. Il suffisait d’un seul geste pour que l’enfant comprenne avec les « passines. » Exemple, quand un enfant trouve des adultes dans une importante causerie, il suffisait qu’on le regarde d’un certain œil pour qu’il comprenne. Alors que maintenant vous n’osez plus le faire . » Autre moment fort de ce Juju, les lavages, Il y’ aura deux grands lavages et un petit lavage. ce seront des moments de purification, des moments d’apprendre aux enfants des danses, à battre le tam tam . Il faut signaler que, le Juju est ouvert à toutes les organisations socioculturelles
Une ceinture mystique à l’intérieur et à l’extérieur du juju pour protéger les 104 circoncis
Selon Adama Traoré secrétaire général de « cosaan kankourang », le Juju, ne peut pas se faire sans le mystique. « Les 104 circoncis seront protégés, contre les esprits maléfiques. Les kankourang ne sortiront que pour conjurer le mauvais sort » dira –t-il. En sus du mystique, les circoncis sont logés et bien entretenus « Les circoncis sont logés dans enceinte de l’école Moulaye Siranding Baldé. Ils disposent chacun de moustiquaire imprégnée et d’un petit matelas. Ils sont répartis en quatre groupes dans les quatre salles de classes Un site des médicaments sont mis à la disposition du juju pour prévenir certains maladies notamment le paludisme. » A laissé entendre Adama Traoré. Pour rappel c’est la première fois de son histoire que le département de Vélingara organise un juju .
Babacar Diouf