Abdelhamid Abaaoud était sur les radars des services d’une dizaine de pays européens et du Mossad (Israël) depuis 2013, d’après les révélations faites par le Parisien ce vendredi 13 mai. Malgré des mois de recherches intensives, le djihadiste et ses complices feront 130 morts à Paris le 13 novembre 2015. Retour sur cet échec de la lutte antiterroriste.
Du second couteau à la réelle menace
En 2013, Abaaoud n’est encore qu’un djihadiste de second rang, un petit délinquant de Molenbeek qui part en Syrie en toute discrétion. Mais les services de renseignements turcs ont retrouvé les traces de son passage à Istanbul le 9 mars 2013. Abaaoud fait plusieurs aller-retours sans être inquiété. Au début de l’année 2014, il fait parler de lui après avoir enlevé son petit frère Younes vers la Syrie. En mars, la DGSE et la DGSI (services extérieurs et intérieurs français) le repère dans une vidéo sordide : Abaaoud apparaît tout sourire au volant de son 4×4, en train de tracter des cadavres…
Dans le collimateur de la DGSE et la CIA
Le 24 mai 2014, Mehdi Nemmouche attaque le Musée juif de Bruxelles (4 morts). Les enquêteurs découvrent que l’assaillant était en relation avec Abaaoud qui devient alors une cible prioritaire pour la CIA et la DGSE. Les services de renseignement français et américains finissent par localiser le terroriste à Deir ez-Zor, à l’Est de la Syrie. Il cherche alors à rejoindre la cellule de Verviers. Ce groupe de terroriste, qui fait l’objet d’écoutes intensives de la sûreté de l’état, rend compte à un certain « Omar ». Ce dernier se trahit lorsqu’il téléphone à son frère Yassine, incarcéré à la prison d’Oudenaarde. Il s’agit d’Abaaoud.
La traque s’accélère lorsque le 15 janvier 2015, deux terroristes sont abattus à Verviers. Abaaoud supervisait un attentat imminent. La DGSE le répère en Grèce où la police locale perquisitionne ses deux appartements mais le manque de peu. Abaaoud disparait des radars une nouvelle fois. Son ADN est retrouvé sur les murs, ainsi qu’un ordinateur. Dans celui-ci, les enquêteurs retrouvent… des plans d’attaques d’aéroport.
A l’été 2015, le djihadiste Reda H., arrêté à Paris, raconte le mode opératoire que préconise Abaaoud : « Il m’a juste dit de choisir une cible facile, un concert par exemple, là où il y a du monde. Il m’a précisé que le mieux, après, c’était d’attendre les forces d’intervention sur place et de mourir en combattant avec des otages. »
Les premières frappes aériennes françaises en Syrie visent le camp d’Abaaoud
Avisé des plans d’Abaaoud par les ministres de l’Intérieur et de la Défense, François Hollande décide de mofidier la stratégie militaire française. La France n’interviendra plus seulement en Irak au sein de la coalition, mais aussi en Syrie. « Le 27 septembre, les avions français visent le camp d’entraînement d’Abaaoud à Deir ez-Zor, sur l’Euphrate, et à Raqqa, son port d’attache« , indique le quotidien.
Abaaoud achève son entreprise morbide
Abaaoud échappe à ces bombardements et parvient à regagner l’Europe. Il prépare l’arrivée des combattants de Daech, infiltrés parmi les réfugiés, entre les mois de septembre et d’octobre 2015. Le 13 novembre, il conduit les attaques de Paris et fait partie du commando des terrasses. Cinq jours plus tard, il est abattu par le Raid dans sa planque de la Seine-Saint-Denis.
Source : RTLInternational