Y aura-t-il bientôt une trêve dans la guerre en Ukraine ? Le président américain l’annonce dans les semaines à venir. La Russie se dit ouverte à une participation de l’Europe dans le règlement de ce conflit, mais pour l’instant, tout reste à faire et plusieurs scénarios sont sur la table.
Pour cet expert militaire, la trêve en Ukraine est un scénario possible, mais pas le seul. Tout est question de rapports de force, car si Donald Trump veut faire vite, rien n’est acté.
« C’est un petit peu comme dans le jeu de Stratego. Quand on place ses pions sur la carte pour avant de commencer le jeu, on en est là, en fait. On parle d’un scénario dans lequel on pourrait aller vers un cessez-le-feu. Or pour qu’il y ait un cessez-le-feu, il faut que les deux parties belligérantes soient d’accord. Aujourd’hui, on n’a pas encore eu les Ukrainiens à table pour discuter d’un cessez-le-feu qui les concerne au premier plan« , explique ainsi Kurt Engelen, directeur du centre d’étude de sécurité et de défense (CESD).
Emmanuel Macron rappelle au président américain que l’Europe ne veut pas d’accord sans garantie de sécurité pour l’Ukraine. Il se méfie de la Russie. Au conseil de sécurité à l’ONU pourtant, le texte américain demande une paix rapide, sans pour autant reconnaître l’intégrité du territoire ukrainien.
« Donald Trump est en train de travailler pour la Russie en leur donnant déjà des avantages qui normalement sont des avantages qu’on a au cours d’une négociation« , souligne l’expert.
Pour l’instant, Vladimir Poutine en profite, mais les conditions du cessez-le-feu sont à déterminer. L’envoi même d’une force internationale reste diplomatiquement complexe, estime Kurt Engelen : « Trump est aussi quelqu’un qui n’aime pas apparaître comme faible. À partir du moment où dans la négociation, il serait trop évident que l’avantage est du côté des Russes, il suffirait à ce moment-là de mettre en avant la faiblesse de Donald Trump pour que sa position se durcisse« .
Sur le terrain, l’armée ukrainienne reste encore efficace. Pour cet expert, seul le rapport de force peut aboutir à une paix durable : « La Russie est un acteur réaliste. C’est ce qu’on appelle un real politiker. Ça veut dire que lorsqu’il voit une opportunité d’améliorer sa position de force vis-à-vis de ses voisins, il va toujours la saisir. De quelle manière est-ce qu’on peut endiguer ça ? C’est par la dissuasion. Mais pour la dissuasion, il faut être crédible« .
Face à un avenir incertain, il faut se préparer à toutes les éventualités. Tous les scénarios sont sur la table.