samedi, avril 5, 2025

Macron face à Trump: a-t-il raison de se rendre à Washington? « Quand on n’est pas à table, c’est qu’on est au menu »

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Il y a un mois, jour pour jour, Donald Trump a prêté serment comme 47e président des États-Unis. Depuis, il avance à marche forcée et met en œuvre une véritable contre-révolution qui bouleverse complètement le fonctionnement de son pays. Le symbole de cette volonté de tout chambouler se cristallise autour de la situation en Ukraine. Emmanuel Macron se rendra à Washington la semaine prochaine pour exposer la position européenne. Mais on se demande ce qu’il pourrait bien obtenir.

Donald Trump veut la paix, c’est incontestable. Mais ce qu’il veut surtout, c’est qu’on lui fiche la paix avec l’Ukraine. Il ne veut plus dépenser d’argent pour ce pays qu’il aurait du mal à situer tout seul sur une carte. C’est pourquoi il a cédé à toutes les exigences russes, acceptant leur conquête territoriale et concédant que l’Ukraine n’intégrerait jamais l’OTAN.

Hier, il a encore franchi un cap en affirmant que Volodymyr Zelensky était responsable de la guerre. « Réfléchissez-y », a-t-il dit. « Un comédien au succès modeste, Volodymyr Zelensky, a persuadé les États-Unis d’Amérique de dépenser 350 milliards de dollars pour s’engager dans une guerre qui ne pouvait pas être gagnée et qui n’aurait jamais dû commencer ».

Il a aussi traité le président ukrainien de dictateur sans élection et affirmé qu’il n’avait que 4 % d’opinion favorable dans les sondages, ce qui est totalement faux. Même si sa popularité est en baisse, il affiche toujours une cote de 57%.

Trump veut la paix pour pouvoir appliquer tranquillement le détricotage des institutions américaines telles qu’elles existent depuis le New Deal du président Franklin Delano Roosevelt. En quelques jours, avec son compère Elon Musk, il a entrepris :

  • Le démantèlement de plusieurs agences fédales et du ministère de l’Éducation
  • La fin du financement de la recherche scientifique et de l’aide humanitaire
  • Le licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires
  • Le retrait des États-Unis de l’OMS et de l’accord de Paris
  • La dérégulation environnementale et l’annonce de nouveaux forages pétroliers

La justification est toujours la même : redresser le pouvoir d’achat des Américains. Pour l’instant, cela ne fonctionne pas, l’inflation continue d’augmenter aux États-Unis.

Macron face à Trump

Que peut faire Emmanuel Macron, avec ses petits bras musclés, pour arrêter cette tornade ? Il a essayé à Paris, ces trois derniers jours, de fédérer les positions européennes et n’y est parvenu qu’en partie. Paradoxalement, alors que l’Allemagne en pleine période électorale ne bougera pas, c’est le Royaume-Uni qui s’est montré le plus volontaire en proposant d’envoyer des troupes d’interposition.

Les Anglais ne sont plus dans l’Union, mais ils sont toujours européens et partagent avec la France deux atouts : un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et la possession de l’arme nucléaire. Ça peut jouer.

C’est pourquoi Emmanuel Macron a raison de se rendre aux États-Unis et d’essayer d’imposer les Européens dans le débat. Selon le vieux principe… Quand on n’est pas à table, c’est qu’on est au menu.

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