Le démantèlement de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) réclamé par Israël conduirait au sacrifice d' »une génération entière d’enfants » et à « semer les graines » de futurs conflits, a averti lundi son patron devant l’Assemblée générale de l’ONU.
« Démanteler l’UNRWA est irréfléchi. En le faisant, nous sacrifierons une génération entière d’enfants, semant les graines de la haine, du ressentiment et d’un futur conflit », a déclaré Philippe Lazzarini, estimant « naïf » de penser que la disparition de l’Agence pourrait se produire sans menacer la paix et la sécurité mondiales.
Alors que les tensions sont montées d’un cran entre Israël et l’ONU, il a dénoncé une « campagne délibérée et concertée pour saper » les opérations de l’UNRWA, dans le but ultime d’y « mettre un terme ».
« Une partie de cette campagne inclut d’inonder les donateurs avec de la mésinformation destinée à nourrir la méfiance et ternir la réputation de l’Agence ».
L’UNRWA est au centre d’une controverse depuis qu’Israël a accusé fin janvier 12 de ses employés d’implication dans l’attaque du 7 octobre menée par le groupe islamiste palestinien Hamas. Celle-ci a entraîné la mort de 1.160 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
L’ONU s’est immédiatement séparée des employés accusés encore vivants et une enquête interne a été lancée. En parallèle, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a confié à un groupe indépendant une mission d’évaluation de l’UNRWA et de sa « neutralité ».
Mais une quinzaine de pays ont suspendu leurs financements à l’Agence déjà chroniquement sous-financée. Alors que ces accusations sont « non confirmées », a assuré Philippe Lazzarini, qui a déjà indiqué qu’Israël n’avait jamais partagé les preuves des accusations contre les 12 employés en question.