très bon interview de AMA BALDE je félicite le journaliste qui l'a réaliser que Dieu lui accorde ses souhaits
| Ses débuts aux Mbappattes, sa préparation mystique, l'histoire du serpent: Ama Baldé dit tout |
| Source le quotidien - Ama Baldé est loin de bomber le torse à l’issue de sa victoire sur Tapha Guèye 2 de Fass. Le fils de Falaye Baldé, que nous avons surpris hier matin chez lui à Pikine, entouré des membres de sa famille, affiche humilité et modestie. Rappelant dans ses propos n’avoir encore rien prouvé, car conscient qu’il lui reste encore du chemin à faire. Dans l’entretien qui suit, il n’occulte aucun sujet. De ses débuts dans les Mbappates, à sa préparation mystique, qui affole ses adversaires, en passant par son serpent, Ama répond sans détour.
Que ressentez-vous après votre cinquième succès signé devant Tapha Guèye 2 ? Rien de spécial. Je rends grâce à Dieu pour cette victoire acquise devant Tapha 2. Mais je considère que je n’ai encore jusque-là rien prouvé en dépit de mes 5 succès. Je suis conscient qu’il faut encore redoubler d’effort. C’est donc juste une étape dans votre cheminement dans l’arène… En effet. D’ailleurs le lendemain de mon combat, je me suis réveillé pour aller aux entraînements. Je veux réaliser autre chose dans cette arène et non pas afficher ma satisfaction par rapport à cette victoire. C’est comme pour dire qu’il me reste beaucoup à faire pour confirmer. Revenons sur votre combat contre Tapha Guèye 2. Comment l’avez-vous préparé ? Je l’ai préparé durement. Je me réveillais à 3 heures du matin pour aller à la plage. Avant de rejoindre à 8 heures du matin une salle de musculation qui se trouve à Dakar. L’après-midi je fais des montées et des descentes sur les dunes de la plage des Parcelles assainies. Ensuite je m’attelais à des séances de contact. Je m’entraînais jusqu’à 22 heures. Attendiez-vous à avoir une issue aussi facile face à un lutteur aussi technique que votre adversaire ? J’étais convaincu que vu ma préparation, ma victoire ne devait pas poser problème. J’avais espoir de rentrer avec la victoire. Est-ce à dire que Tapha Guèye 2 n’était pas pour vous un adversaire de taille ? Non loin de là. Je respecte mes adversaires. Mais il faut dire que je prends tous mes combats de la même manière, en respectant à la lettre les consignes de mon père. Il me dit qu’un homme doit être téméraire. De ne pas hésiter au coup de sifflet de l’arbitre, d’attaquer mon adversaire en prenant le combat à mon compte. Ce que j’ai fait face à Tapha. Comment expliquez-vous votre popularité dans l’arène en si peu de temps ? La raison s’explique surtout par le fait que je me suis beaucoup investi dans les Mbappates, pour acquérir la science de la lutte pure. Je me levais tard dans la nuit pour prendre part à des séances de lutte. Je le faisais sans que mon père et ma mère en soient informés. Je me rendais à Rufisque ou à Thiès, rien que pour disputer des compétitions. Je revenais avec des sacs de riz ou avec de l’argent tiré de la vente de bœufs gagnés dans les Mbappates, que j’offrais à mes parents. Je me rendais partout à Kaolack, à Touba…rien que pour lutter. L’autre raison est que je respecte tout le monde. Oui, mais vos victimes expliquent leur défaite à cause de votre impressionnant arsenal mystique ? Je dirais que je tire ma force surtout des prières que formulent à mon endroit mes fans (il désigne des élèves venus lui rendre visite). Je ne connais pas de marabout. Je ne me suis jamais entretenu avec un marabout. C’est mon père qui s’occupe de ma préparation mystique. C’est lui qui vient avec ses gris-gris, c’est lui qui explique : tel gris-gris doit être par là. Un autre par ci. Un tel bain mystique doit être pris de cette manière. Je me plie aux conseils et ordres de mon père. Je ne vois pas la couleur de mon argent. Je n’ai jamais touché à un cachet de mon combat. On se limite à me donner ce dont j’ai besoin pour préparer mon combat. Et cela me suffit. C’est un engagement que j’ai pris sur moi de laisser l’argent que je gagne dans l’arène à mes parents. Je lutte pour les aider. Je suis encore très jeune pour avoir des besoins colossaux sur le plan financier. Je pense que mes parents ont beaucoup plus de préoccupations que moi. Je travaille pour eux ; pour qu’ils soient heureux et me donnent l’entière responsabilité de prendre en main ma destinée. Je n’ai rien à perdre. Et votre serpent dans tout cela. Il est où ? (Rires). Je le garde quelque part dans la maison (il désigne une direction des yeux). Je l’amène à chacun de mes combats. Mais je le garde au secret dans mes bagages. Car le Cng m’a interdit de l’exhiber… Comme vous l’aviez fait à Iba Mar Diop contre Baye Peulh. Mais pourquoi venir dans l’arène avec un serpent ? C’est plus une question de feeling. Ce serpent n’a rien de mystique. Beaucoup de personnes ne me connaissaient pas. J’ai donc choisi de me faire accompagner par ce serpent pour faire ma promotion (rire). Je l’ai attrapé à la veille de mon combat contre Baye Peulh sur les dunes des Parcelles assainies alors que je m’y entraînais. Je l’ai pris en le tenant par la tête, pour me rendre compte que c’est un reptile inoffensif parce qu’édenté. Je me suis dit qu’il fallait faire du bruit avec ce reptile pour me faire distinguer et impressionner mon adversaire. Maintenant à chaque coin où je passe, on me désigne du doigt en disant que c’est lui qui avait amené le serpent au stade (il se marre). Il paraît que vous avez hérité de votre père tout son arsenal mystique ? C’est mon souhait, mais ce n’est pas encore le cas. J’ai essayé de convaincre mon père un jour en discutant avec lui de me léguer son arsenal mystique. Mais il m’a répondu que j’étais encore trop jeune pour attacher ses gris-gris. Et qu’une fois que j’aurais l’âge nécessaire, il me les transmettra. Je n’ai pour le moment rien reçu de lui (il jure sur Serigne Touba). Parlons de votre enfance. Qu’est-ce qui vous a empêché d’avoir une profession en dehors de la lutte ? C’est un choix. Je n’ai pas duré à l’école parce que j’ai voulu faire carrière dans la lutte, qui aujourd’hui est mon métier. Je n’ai même pas fait un mois à l’école 2 de Pikine. Si mon père et ma mère avaient d’autres sources de revenus, j’aurais abandonné la lutte. Car c’est un sport très dur. Imaginez-vous se lever à 3h du matin avec ce froid de canard pour aller aux entraînements. Pour ensuite faire de la musculation à Dakar avant d’enchaîner le soir jusqu’à 22 heures. On n’a même pas le temps de dormir d’un sommeil profond. Pour se réveiller et répéter la même chose. Je pense que c’est un choix que j’assume. Je me suis dit qu’il fallait que je m’engage dans la lutte d’autant plus que mes grand-frères n’avaient pas la chance de briller comme il se devait. Mes parents n’ont pas encore ce qu’ils souhaitent. Je serais très content d’amener ma mère à la Mecque. Je regrette la perte de mon grand frère, Papa Baldé, qui est ma référence. Il est décédé en 2004. C’est regrettable qu’il ne soit pas témoin de ma présence dans l’arène, car il me disait que s’il devait conduire un 4x4, ce serait grâce à moi. J’ai une pensée pieuse pour lui. Pour votre prochain combat, quel lutteur vous souhaiteriez affronter ? Je ne fais pas de fixation sur tel ou tel lutteur. Je suis prêt pour n’importe quel adversaire que mon encadrement me demande d’affronter. Mon père me demande de m’entraîner. Le reste il s’en occupe. J’attends que mes parents tombent d’accord avec un promoteur. On est en discussion avec un promoteur. C’est mon père qui choisit mes adversaires. Mais rien n’est encore concret. Je suis le plus jeune, je n’ai rien à décider. Rêvez-vous un jour d’un combat contre Modou Lô ? Je le répète, je suis prêt à lutter avec n’importe quel lutteur, à condition qu’il ne soit pas de mon écurie. Et j’ai espoir que je battrai un jour Modou Lô. Quant à Yékini, je le considère comme un grand-frère pour avoir eu une discussion avec lui. Mais cela ne m’empêche pas d’accepter un jour un combat contre lui. Balla Bèye 2 est le seul lutteur contre qui je ne vais jamais lutter. C’est un lutteur qui m’appuie et me soutient à chaque fois que besoin se fait sentir. Il me conseille. C’est mon père. Et j’ai bon espoir que Balla Bèye 2 va me léguer son «Nguimb» une fois qu’il décide de quitter l’arène. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. |
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